Montant d'investissement pour un visa E-2 : ce que dit la réglementation
C'est la question la plus posée sur le visa E-2, et celle qui donne lieu au plus grand nombre d'idées reçues. Beaucoup de sources évoquent un « minimum de 100 000 dollars ». Cette page explique ce que prévoit réellement la réglementation américaine : une exigence de caractère substantiel, appréciée de manière relative, et non un seuil chiffré fixe.
Existe-t-il un montant minimum pour un visa E-2 ?
Non. La réglementation américaine ne fixe aucun montant minimum en dollars pour le visa E-2. Elle exige un investissement « substantiel », une notion appréciée au cas par cas et de façon relative au coût total de l'entreprise concernée.
Le chiffre de 100 000 dollars que l'on rencontre fréquemment n'est pas un seuil réglementaire. Il correspond à une pratique observée par certains professionnels, pas à une règle opposable. À l'inverse, un investissement élevé ne garantit rien à lui seul : c'est la cohérence de l'ensemble du dossier qui est examinée.
Aucun montant, même important, ne crée un droit au visa. À l'inverse, un montant modeste n'est pas automatiquement disqualifiant si l'entreprise visée est peu capitalistique et que le dossier est solide.
Comment s'apprécie le caractère « substantiel » ?
Le caractère substantiel s'apprécie par comparaison : on rapporte le montant investi au coût total d'acquisition ou de création d'une entreprise équivalente. Plus l'entreprise est peu coûteuse, plus le pourcentage attendu est élevé.
Cette logique est souvent appelée « échelle inversée » (inverted sliding scale). Pour une entreprise dont le coût total est faible, l'investisseur doit en financer une proportion très importante, proche de la totalité. Pour une entreprise dont le coût total est élevé, une proportion plus faible peut suffire à démontrer un engagement réel.
| Coût total de l'entreprise | Proportion attendue | Lecture |
|---|---|---|
| Faible | Très élevée, proche de la totalité | Une petite structure doit être financée quasi intégralement |
| Intermédiaire | Élevée | L'apport doit rester déterminant dans le financement |
| Élevé | Plus faible en pourcentage | Le montant absolu engagé reste important |
Qu'est-ce qu'une entreprise « non marginale » ?
Une entreprise est considérée comme marginale lorsqu'elle n'a pas la capacité de générer davantage qu'un revenu de subsistance pour l'investisseur et sa famille. Le dossier doit démontrer que ce n'est pas le cas.
Deux démonstrations sont possibles. Soit l'entreprise génère déjà des revenus supérieurs à un simple niveau de subsistance. Soit elle présente, projections à l'appui, la capacité d'apporter une contribution économique significative dans un délai raisonnable après le démarrage.
- Des projections financières cohérentes avec le secteur et la zone géographique.
- Un plan de recrutement réaliste, étayé par le modèle économique.
- Des hypothèses de chiffre d'affaires appuyées sur des éléments vérifiables.
- Une trésorerie permettant de tenir la phase de démarrage.
L'investissement doit-il déjà être réalisé ?
Les fonds doivent être irrévocablement engagés et exposés à un risque commercial réel. Un projet simplement financé sur le papier, ou une somme laissée disponible sur un compte, ne satisfait généralement pas cette exigence.
C'est un point qui surprend souvent : il faut avoir engagé les fonds avant la décision, sans certitude d'obtenir le visa. Des mécanismes permettent d'organiser cet engagement tout en encadrant le risque, par exemple un séquestre conditionné à la délivrance du visa dans le cadre d'une acquisition.
- Dépenses déjà effectuées : local, équipements, stocks, licences, aménagements.
- Contrats signés créant des obligations juridiques fermes.
- Fonds placés sous séquestre dans le cadre d'une reprise d'entreprise.
- Éléments démontrant que les sommes ne sont plus librement disponibles.
Les fonds simplement présents sur un compte bancaire, sans affectation ni engagement, sont rarement considérés comme un investissement au sens du E-2.
Comment justifier l'origine des fonds ?
L'investisseur doit démontrer que les fonds proviennent d'une source licite et qu'il en avait la possession et le contrôle. La traçabilité complète du parcours de l'argent est attendue.
Il ne suffit pas de prouver que l'argent existe : il faut retracer sa provenance jusqu'à son origine. Les fonds peuvent provenir d'une épargne, de la vente d'un bien, d'une donation ou d'un prêt, dès lors que l'origine est documentée et que l'investisseur en supporte le risque.
- Relevés bancaires couvrant une période suffisante pour établir la continuité.
- Actes de vente, contrats ou avis d'imposition selon l'origine invoquée.
- Justificatifs de donation, avec le lien et la traçabilité correspondants.
- Preuves de virements internationaux et de conversion de devises.
Un prêt garanti par les actifs de l'entreprise financée pose difficulté : le risque ne pèse alors pas réellement sur l'investisseur. Un prêt personnel garanti par ses propres actifs est apprécié différemment.
Les erreurs fréquentes sur le montant
- Raisonner à partir d'un seuil chiffré supposé au lieu de la proportionnalité réelle.
- Inclure dans le montant des dépenses personnelles sans lien avec l'exploitation.
- Présenter un investissement non engagé, resté au stade de l'intention.
- Sous-capitaliser au point de rendre les projections invraisemblables.
- Négliger la documentation de l'origine des fonds jusqu'à leur source première.
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Sources de cette page
- U.S. Department of State — Treaty Traders and Investors (E-1/E-2)
- USCIS — E-2 Treaty Investors
- U.S. Department of State — 9 FAM 402.9 — Treaty Traders, Investors and Specialty Occupation
Sources vérifiées le 10 février 2026.
Sources officielles
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Ressources officielles : Département d'État américain — Visas, USCIS — Services de citoyenneté et d'immigration, Ambassade des États-Unis en France.